Pour sa première année de réouverture après rénovation, le muséum
d'histoire naturelle de Toulouse organise du mois de février à septembre 2009, une première exposition temporaire intitulée "10 ans de Re-création" et destinée à informer les Toulousains sur le cheminement, les ambitions et les enjeux de ce projet de restructuration.
Les quelques années de gestation de ce lourd projet de réaménagement
correspondent à la maturation de la réflexion sur le principe de
modernisation de son architecture et à la quête de la ligne juste, la
silhouette idéale, authentique et sans démesure.
Ma participation à ce projet au sein du muséum s'attache à souligner au
moyen de 48 clichés photographiques, l'impact visuel et graphique de
son architecture, confluence au croisement des réflexions sur l'homme,
la nature et la technologie.
L'architecture contemporaine, synonyme de modernité, est capable du
meilleur lorsqu'elle est sincère. Mais l'essence même de cette
modernité fait qu'elle est parfois analysée de manière inadaptée et
interprétée de façon inattendue par un public non préparé à sa lecture.
Elle peut donc être perçue comme répulsive et destructrice du lien
patrimonial autant que du paysage.
Les fondements de la création de l'aile moderne du muséum, répondent
simultanément à un ensemble de préoccupations esthétiques,
fonctionnelles et écologiques. Elle apparaît comme une volonté
manifeste de s'intégrer pleinement, à la fois dans son environnement
naturel proche que sont le jardin botanique et le jardin des plantes,
mais aussi au sein de ses valeurs historiques propres aux anciens
locaux du monastère des Carmes Déchaussés.
Ce modèle novateur d'architecture contemporaine, consacre l'intégration
de l'écologie à la technologie. En usant de façades vitrées
curvilignes, de reflets et transparences, de parterres de verdure et
autres murs végétaux, elle crée une perméabilité sensitive constante
entre le visiteur et son environnement. C'est une architecture
interactive autant qu'un outil pour exacerber ses sens et aiguiser sa
conscience de la réalité.
Bien plus qu'une fonction prédéterminée de nécessité, son architecture
parvient à concilier la technologie à la sensibilité humaine. Elle est
un champ d'investigation cognitivo-comportemental chargé de sens pour
celui qui parvient à le lire et à l'analyser.
1°/ L'historique du Muséum : Ce parcours évoque la riche histoire du musée et se présente sous la forme d'un retour aux sources pour rappeler l'enrichissement progressif du Muséum au fil de son histoire.
2°/ Le Muséum de mon enfance : Évocation du Muséum que les Toulousains ont connu et aimé et qui a marqué leur enfance, à travers la présentation de plusieurs spécimens emblématiques.
3°/ 10 ans de chantier pour une refondation : Ce parcours permet au visiteur d'entrer dans les coulisses des différentes phases de la vaste refondation architecturale du Muséum. Bâtiments, collections, muséographie, jardins ont été profondément transformés et modernisés. C'est cette vaste mutation que le visiteur est invité à suivre étape par étape.
4°/Regard artistique : L'ambition de cette avant-dernière section de l'exposition est de porter un autre regard sur le Muséum avec une démarche artistique sensible et créative. Elle prend la forme d'une exposition de photographies contemporaines réalisées par Nicolas Pousset, artiste photographe en résidence au Muséum pendant le mois de décembre 2008, dont les clichés des installations du Muséum sous un angle insolite témoignent d'un regard neuf et imaginatif.
5°/ Le Vidéomaton : Situé en fin de parcours, ce dispositif vidéo interactif permettra au visiteur d'enregistrer un témoignage ou une impression sur la visite qu'il vient d'effectuer.
"Nicolas Pousset a eu pour mission de participer à l'exploration des lieux du muséum d'histoire naturelle de Toulouse, afin d'en révéler le
charme et le génie.
Son regard et sa perception guident le visiteur ou l'amateur d'architecture pour cette rencontre.
Affirmer la présence d'un bâtiment historique, sentir les besoins
fonctionnels d'un musée et la réponse magnifique de l'architecte
Jean-Paul Viguier, seule la sensibilité graphique et structurée des
lieux publics pouvait éveiller notre œil.
Son objectif sélectionne pour nous les riches oppositions de matières,
la rigueur des assemblages, les accroches de la lumière et restitue
l'élégance de leur dialogue.
Nicolas Pousset à été choisi pour une première résidence artistique au muséum.
Médiateur de la lumière, chercheur des textures, dessinateur des
compositions, son rôle dans ce projet à été de souligner des partis
pris architecturaux.
Ce séjour de l'artiste au muséum - première affirmation d'une intention
émise dans la politique éditoriale -, au croisement des regards et des
missions, est une première expérience au bénéfice de l'acte créatif,
des visiteurs, et des acteurs internes.
Voici les principaux axes de réflexion qui ont prévalu à la réalisation
de cet ouvrage en centre-ville : Exister et s'affirmer en cohabitation
avec un site historique, accentuer le lien entre jardins et propos des
expositions, rôle et conception de la double peau. Ce sont les thèmes
abordés par ces clichés."
Marie-Dominique Labails, conservateur du muséum.
Depuis plus de deux siècles, le Muséum d'histoire naturelle de Toulouse
est un lieu de rencontres - et parfois de confrontations - entre
scientifiques, personnalités publiques, artistes et visiteurs ...
Ces regards qui se croisent, ces opinion qui s'affrontent et ces
sensibilités qui s'effleurent ont constamment participé à féconder leur
Muséum, depuis ses premières formes au début du XIXè siècle, jusqu'à sa
refondation en ce XXIè siècle.
Le Muséum actuel en est le fruit sans cesse changeant, un Muséum qui
s'en nourrit et évolue en permanence, offrant un visage toujours
différent au visiteur. Son architecture même rappelle à chaque pas cet
esprit de la rencontre
: insertion des bâtiments anciens dans les constructions modernes,
association des matières, danse des zones intérieures et de la nature
extérieure ...
Cet ouvrage a tenté d'en capter quelques facettes, nées de la rencontre
entre deux architectures, deux lieux, deux photographes, Nicolas
Pousset et Laurent Bessol.
2 lieux 2 regards : Nicolas Pousset / Laurent Bessol.
90 pages. Dépôt légal : Février 2009
ISBN 978-2-906702-07-3
Éditions du muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
La fondation de l'aile moderne du muséum d'histoire naturelle de Toulouse est l'œuvre de l'architecte Jean-Paul Viguier. Dans cette
nouvelle aire entièrement repensée et reconfigurée, les matières et les structures ont su sculpter l'espace, l'harmoniser et lui donner un sens. Elles s'organisent pour valoriser des fonctionnalités destinées au visiteur et lui permettre de circuler dans une dimension spatiale sans contrainte. Son espace devient un terrain de jeu créatif, ouvert
et fluide.
L'analyse de l'ensemble de ces principes a été essentielle pour me donner les moyens photographiques de sensibiliser le lecteur, et de valoriser cette architecture chargée de sens. Le caractère de ce bâtiment peut s'exprimer au travers de trois thématiques fondamentales qui forment la base même du propos de cet ouvrage.
1°/ Exister dans l'existant : La fondation de l'aile contemporaine du muséum sous-tend la question essentielle de comprendre la manière dont cette création résolument tournée vers l'avenir, aborde la notion de temporalité.
En effet, cette architecture combinatoire est à même d'honorer, à la fois les valeurs
patrimoniales du site historique préexistant et, l'environnement
d'exception dans lequel elle s'inscrit. L'œuvre de Jean-Paul Viguier
affirme donc sa capacité à établir un lien d'évidence avec le site
historique sur lequel elle prend forme. Elle contribue à préserver et
revaloriser l'identité culturelle et patrimoniale qu'incarne l'ancien
monastère des Carmes Déchaussés et remplie ainsi la difficile tâche
d'Exister dans l'existant.
2°/ La double peau : La nouvelle grande façade vitrée du muséum offre une vision panoramique tamisée sur le jardin botanique et le jardin des plantes. Elle nous
propose ainsi, au travers de deux membranes translucides constituant
une double peau, une manière novatrice d'appréhender le vivant au sein
de son environnement.
Cet ensemble organique fait d'une succession étagée de lignes courbes, permet un fondu enchaîné parfait entre intérieur et extérieur. Une fine interface aérienne en suspension entre ses parois, offre un lien à la fois direct et suggestif avec l'extérieur et permet de repositionner en permanence l'Homme au sein de son environnement.
Les baies vitrées entrent en résonance avec le visiteur en fonction du
contexte environnant, de l'heure de la journée, ainsi que de la saison.
Les conditions climatiques s'y reflètent naturellement de l'extérieur et peuvent être valorisées sur le plan photographique.
3°/ L'union par la transparence : L'architecture du muséum doit pouvoir se lire comme un système dynamique en perpétuelle évolution.
Il n'est pas seulement un site physique, mais doit être appréhendé comme un vecteur sensoriel par celui qui le parcourt. Son architecture est réceptive aux conditions
environnementales et prend en compte la culture de l'interactivité en étant l'interface active entre la vie et son environnement immédiat.
En réponse, elle est la source d'un flux d'informations continues dans l'espace et dans le temps et devient un ensemble en équilibre qui interagit en permanence avec son visiteur.
Les reflets sur sa façade vitrée interviennent naturellement entre les deux bâtiments d'âge
différents et illustrent le dialogue permanent qui s'effectue entre ces deux repères temporels distincts. Leur union est symbolisée par un lien commun qui n'est jamais direct. Cette union par la transparence est continuellement suggérée grâce à une échelle de lumière parcourant toute la ligne de jonction des deux bâtiments pour former une unité
graphique singulière et cohérente.
Plus encore que pour tout type d'architecture contemporaine, le muséum de Toulouse s'est emparé des notions de mouvement, de fluidité et d'organisation spatiale pour adapter de façon optimale son environnement physique aux activités du visiteur. Il ne peut donc se lire comme un concept exclusivement spatial mais doit être perçu comme un système global réactif et dynamique. Mais son décodage n'est pas inné et spontané et son analyse est complexe.
Ma démarche artistique, à la fois dans ce projet d'exposition, mais aussi à travers ma contribution à la réalisation de ce livre, tente de révéler au public les enjeux esthétiques, culturels et environnementaux qu'il n'a pas perçu. Elle offre au visiteur des éléments d'orientation, des « indices à voir », et les possibilités de se construire une nouvelle façon de ressentir et de penser l'architecture.
J'ai eu l'immense surprise de découvrir courant décembre 2008 que mes travaux photographiques avaient été publiés pendant la période du 15 décembre 2008 au 19 février 2009 dans la 23ème édition du magazine bimestriel Photofan.
Photofan etait un magazine français édité depuis janvier 2004, consacré exclusivement à la photographie d'auteur. Ce magazine ne traitait pas de technique, de test, ni de matériel, mais proposait tous les deux mois une sélection d'auteurs et leur portfolio.
En ce sens, il etait complémentaire de son homologue de renom ″Chasseur d'Images″ publié tous les mois chez le même éditeur et dédié aux bancs d'essai, aux techniques et pratiques photographiques. Photofan etait donc différent en étant exclusivement un montreur d'images ouvert à toutes les tendances photographiques et à tous les amateurs et les professionnels.
Dans ce numéro, un reportage de 8 pages est consacré à mon travail des ces 3 dernières années. J'en profite pour remercier la rédaction de Photofan, non seulement pour s'être intéressé à mon travail, mais aussi pour avoir réalisé cet article.
Vous pourrez consulter certaines pages du magazine en ligne à cette adresse.
J'ai trouvé original de faire en sorte que la page ″A propos″ de mon site web soit directement tirée des mots recueillis par G.-M. Cogné dans l'article de Photofan. C'est donc un extrait de cet article qui constitue aujourd'hui ma page de présentation.
A ce jour Photofan est devenu Nat'Images. Nat'Images est une transformation du magazine Photofan dont le contenu est désormais destiné à accueillir exclusivement les travaux de photographes naturalistes.
Mise à jour progressive du site avec extension de résolution des images en 968x645 pixels !! À Voir ...