À propos



Vous trouverez dans ces quelques pages, une présentation de moi-même prenant la forme d'une interview réalisée au début de l'année 2009 pour le magazine photographique Photofan, ainsi qu'une réflexion personnelle sur ma démarche photographique, mes méthodes de travail et mes projets.

Pour commencer, ces quelques mots de G.-M. Cogné suffisent à mon sens à résumer justement ma conception de la photographie et l'élaboration de mon projet photographique :

"Passionné par la photographie d'architecture, Nicolas Pousset revendique une approche minimaliste de ce sujet. Ses images sont donc sobres et dépouillées et il en exclut presque toujours toute présence humaine.
Un style, un concept... dont il nous explique lui-même tout le cheminement !"

G.-M. Cogné
Extrait du magazine bimestriel
Photofan n°23. Décembre 2008 - février 2009.



Développement.

La question de savoir à quel moment naît ma passion pour l'image est une chose difficile à établir avec certitude, mais je sais que c'est en découvrant les photos des nombreux voyages de ma sœur, puis en parcourant certains travaux de photographes professionnels tels que ceux de Philippe Plisson, que j'ai acquis un goût naissant pour la photographie et pris conscience de son pouvoir.
Dès la fin des années 90, j'ai fait mes débuts peu glorieux sur le reflex argentique de mes parents, un Nikon F60 équipé de deux zooms : un 28-80 mm 3,5-5,6 D et un 75-240 mm.

Je me suis interrogé sur ce que pouvait représenter la photographie en tant que vecteur d'émotions et de sentiments. J'ai constaté qu'il s'agit d'un vaste concept qui possède autant de définitions que de manières de photographier.
Ma propre perception est qu'il s'agit de la capacité à sentir une image, là où les non photographes ne perçoivent rien.
Cette définition trouve son exemple le plus flagrant dans l'étonnement et les regards intrigués, inquiets, que m'adressent certains passants lorsque je cadre sur un objet d'une banalité qui les déconcerte ; ils semblent, en effet, si loin d'imaginer le potentiel photographique que peuvent avoir certains sujets !
Tout le monde peut regarder, mais tout le monde ne sait pas voir !

Depuis juin 2006, j'utilise un reflex numérique Canon EOS 30D equipé d'un parc d'objectif Canon exclusif. J'utilise l'ultra grand angle Canon EF-S 10-22 mm f/3,5-4,5 USM avec lequel je fais la plupart de mes images d'architecture et de graphisme. Je trouve que cette optique est parfaitement adaptée à la photographie urbaine car elle permet la prise de vue de sujets rapprochés pour lesquels il est difficile de prendre du recul. Il garantit une bonne qualité d'image et un excellent dynamisme en jouant de manière prononcée sur les perspectives et les aberrations de sphéricité. D'autres objectifs, dont un Canon EF 100 mm f/2.8 Macro USM, un Canon EF 50mm f/1.4 USM pour le portrait, et un zoom transtandard Canon EF 24-70 mm f/2.8 L USM, me servent pour les autres sujets.

Mes domaines de prédilection actuels sont la photographie graphique et d'architecture.
L'architecture moderne s'est présentée à moi comme une évidence, tant elle me semble liée au concept minimaliste, ce concept qui laisse exprimer l'idée et les possibilités d'imaginer le sujet dans l'espace, de le transformer à l'infini...
J'ai toujours eu un vif intérêt pour la simplicité, et la sobriété en général. La photographie me permet de manière indirecte, à travers le minimalisme, d'exprimer ces deux aspects de ma personnalité. Ce sont des notions qui font partie intégrante du courant architectural moderne et de la conception graphique en général.

Dans mon travail, les thèmes sont assez simples et évidents, probablement communs à de nombreux photographes, mais mes sujets s'expriment à travers une interprétation personnelle de l'infinité des formes et figures géométriques qui nous entourent et qui peuplent l'imaginaire de nos architectes.

Un univers plutôt "sombre" est mon axe de travail principal. J'y oppose son pendant, plus positif ou optimiste, avec d'autres travaux plus ponctuels. Mon travail se compose ainsi d'une forte prédominance d'images noir & blanc strictes, ou travaillées selon un mode bi chromatique (noir & blanc associé à un discret virage coloré).
Il s'agit d'une vision personnelle de la manière de lire une image. À mon sens, dans bien des cas, l'architecture et le graphisme me semblent n'avoir besoin d'aucun rayonnement chromatique. Le noir et blanc guide le lecteur, lui permettant de s'attacher davantage à l'importance des reliefs, des lignes, des ombres et autres structures, L'image est ainsi plus pure, plus puissante.
Je vis depuis quelques années dans le 13ème arrondissement de Paris, entre la Bibliothèque Nationale de France et le nouveau quartier d'affaires de La Défense. J'y ai trouvé deux terrains de jeu photographiques inépuisables.
Ces deux quartiers en pleine mutation néo architecturale, s'imposent comme une référence en matière d'urbanisme. Ils constituent la vitrine de l'architecture moderne française. La Défense a toujours été à l'avant-garde de l'évolution architecturale française depuis la fin des années 1950.

Pratiquement aucune de mes sorties ne s'organise sans une documentation préalable sur le lieu et sans une étude rigoureuse du terrain et de la météo. Cela me permet de partir avec certaines idées et concepts déjà préétablis que je n'ai plus qu'à concrétiser sur le terrain.

J'aime travailler seul, ce qui me permet d'adopter le rythme qui me convient, de faire dix fois le tour d'un bâtiment s'il le faut, afin de trouver le meilleur angle de prise de vue, la meilleure lumière ...
La plupart de mes sujets sont immobiles et représentés dans un environnement que je veux le plus discret possible, non perturbateur. Je m'impose d'exclure du cadre tout élément de l'environnement autre que mon sujet principal, afin de ne conserver que le symbolisme essentiel de mon propos. L'existence d'un référentiel stable tel que l'architecture par référence, me garantit la possibilité d'un travail précis et rigoureux sur le cadrage, les effets de perspectives, les dynamiques de chacune de mes prises de vues.

De même la présence humaine s'intègre difficilement dans une composition graphique. Le graphisme doit être perçu dans sa globalité, considéré comme un ensemble dans la lecture d'une image.
Même si elle peut parfois être favorable, la présence humaine attire le regard du lecteur, le détourne de sa vision d'ensemble et rompt l'homogénéité de ce type de composition.
De plus, travaillant a l'ultra grand-angle, ce choix aurait tendance à créer un déséquilibre entre la taille des individus et leur environnement: plutôt que d'avoir des personnages minuscules, je préfère ne pas en avoir !

À l'issue de la prise de vues, une séance de travail sur l'ordinateur me permet de mettre une touche finale à mes images.
Je les traite une à une, sans utiliser de script, en évitant les corrections excessives et sans oublier qu'aucun outil magique ne permet de récupérer une photo ratée.

Je photographie l'architecture par plaisir, et j'ai eu la chance récemment de pouvoir réaliser un livre en collaboration avec le muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
J'ai exposé également au sein de ses murs une cinquantaine de photographies sur son architecture depuis peu entièrement rénovée. Ce projet est pour moi une vraie consécration et une entière reconnaissance de mon travail.

Propos recueillis par G.-M. Cogné
Extrait du magazine bimestriel
Photofan n°23. Décembre 2008 - février 2009.

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